Avant d’aller m’asseoir en médiation, savoir ce que je veux…

Au Québec, la règle cardinale dans toutes décision touchant les enfants est d’assurer le meilleur intérêt de ceux-ci. Leur bien-être avant toute chose. Vous connaissez vos enfants, leurs forces, leurs faiblesses et nécessairement, vous avez votre opinion assez claire sur ce qui sera le mieux pour eux. Mais il n’est pas acquis que chacun des parents partagera le même point de vue sur les mesures à adopter pour assurer le développement des enfants. Il existe en effet différents styles de parentalité et la plupart du temps, au sein d’une même cellule familiale, ces différences sont complémentaires et riches d’expériences. Mais lors d’une séparation, chacun se trouve seul à prendre des décisions et no façon de percevoir l’éducation et le bien-être de nos enfants. Et ce sont ces divergences qui nous entrainent en médiation.

Mais on ne peut parler des besoins de nos enfants et surtout de leur bien-être en faisant abstraction d’un élément majeur : nos propres besoins comme parents. L’abnégation et l’oubli de soi au bénéfice de nos enfants, aussi louable que semble ce principe, n’est pas réaliste.

La plupart des solutions efficaces en matière de litige familial ont cette base commune, vos propres besoins, il est donc important au départ de pouvoir répondre à trois « Voici » :

  • Voici les points qui m’opposent à l’autre et qui me tiennent à cœur;
  • Voici ce que je voudrais;
  • Voici pourquoi.

Les points qui me tiennent à cœur sont faciles à déterminer : soit ils relèvent de situations objectives et tangibles, par exemple, des difficultés financières à régler, soit ils suscitent chez moi de fortes émotions lorsqu’on les amène sur le tapis (ce qui est un sérieux indice quant au besoin de s’y attarder plus particulièrement). Vous pouvez en faire la liste si vous le souhaitez et même, les répertorier en ordre d’importance si vous en sentez le besoin.

Comment savoir ce que je veux?

Cette question est plus délicate parce que, en contexte litigieux, notre souhait s’écarte parfois de la vision de l’autre et risque de susciter une réaction d’opposition parfois fort émotive. Ainsi, plusieurs personnes auront comme stratégie d’exiger d’entrée de jeux l’application de leur solution (la seule qui a de l’allure, bien entendu). D’autres au contraire risquent de s’auto-censurer pour éviter l’inconfort d’un affrontement. Ces deux façons de faire mèneront à des solutions non seulement insatisfaisantes mais qui risquent également d’éroder les relations parentales au fil du temps. Il est donc primordial que les réponses issues de votre réflexion soient honnêtes et reflètent ce que vous souhaitez.

Pourquoi est-ce que je veux cela?

Ici les difficultés commencent. Nos motifs ne sont pas toujours évidents à identifier et il devient conséquemment difficile d’exprimer clairement pourquoi l’on désire quelque chose plus que tout. Si vos réponses ressemblent à : « Parce que c’est comme ça que font les autres», « Parce que c’est la seule solution qui ait du sens  » ou pire encore, « Parce que c’est comme ça! » (Ce qu’enfant nous redoutions d’entendre dire nos parents),  il vous faudra trouver mieux. Comment ouvrir la discussion afin de trouver des solutions gagnant-gagnant lorsque « C’est comme ça! Un point, c’est tout »? Si l’un des parents pense de la sorte, l’autre, avec toute la meilleure volonté et l’ouverture d’esprit nécessaire, risque de penser qu’il sera malgré tout le seul à faire des compromis et aura sans possiblement tendance à se retirer ou, pour donner le change, adopter une position plus vindicative. Si les deux sont convaincus de posséder la vérité, alors le terrain devient carrément propice à une confrontation en règle. Le médiateur devra de toute façon diriger les discussions de manière productive. C’est son rôle.

Maintenant, si vous redoutez la confrontation ou si vous sentez un malaise à exprimer librement votre pensée, faites-en part au médiateur. Celui-ci pourra adopter des approches particulières pour vous faciliter la tâche. Ce n’est pas contrevenir à la neutralité que d’aider une partie à exprimer ses besoins, ses souhaits ou ses craintes bref, a tout ce qui peut vous mettre pression indue dans de telles circonstances.