Maintenant que je sais, il va falloir le communiquer

Une fois que vous aurez complété ce premier exercice (voir la partie 2 : « savoir ce que je veux »), il faudra bien que ces informations soient communiquées en médiation. Lorsque nous vivons un conflit et qu’il existe des tensions, la façon de dire les choses prend beaucoup d’importance. Pour plusieurs, il s’agit d’un défi de taille.

Pour ne rien échapper, peut-être serez-vous tentés de rédiger un texte fort élaboré auquel vous référer en cours de séance. Il est généralement inutile de le faire car au cours des échanges et dans le feu de l’action, il est presque inévitable que vous perdrez de vue ce beau document. De plus, souvenez-vous que l’authenticité et la spontanéité de vos interventions laissent paraître l’importance que vous portez aux sujets qui vous tiennent à cœur. Lire votre texte tuera presque à tout coup cette authenticité. Pensez aux discours de certains politiciens et demandez vous pourquoi certains paraissent sincère et d’autre pas.

Élaborer une liste de thèmes en quelques points, en ordre d’importance et respecter certaines règles de base dans vos interventions suffira généralement à ne pas perdre le fil de votre pensés et à communiquer efficacement vos attentes. Parmi ces règles, celles qui suivent sont à retenir :

  • Toujours parler au « je ». Vous mettrez ainsi l’accent sur vos propres sentiments et empêcherez aussi l’autre parent de se sentir visé;
  • S’efforcer de toujours utiliser une formulation qui exprime votre volonté avec ouverture et non comme un ultimatum ou une condition sine qua non: « je souhaiterais de mon côté une garde qui… »  ou encore, « j’ai pensé que nous pourrions… parce que… » et non : « je veux une garde partagée… »;
  • Ne jamais verbaliser par anticipation ce que l’autre va dire. Par exemple, « Je souhaiterais tel type de garde pour les enfants… mais il (ou elle) ne voudra jamais!». Dans un premier temps, concentrez-vous sur ce que vous souhaitez et laissez à l’autre le soin d’exprimer son point de vue. Autrement, cela ne fera que l’irriter et peut laisser sous-entendre qu’elle ou il est fermé à toute discussion, voir, qu’elle ou il est de mauvaise foi. Les parties qui se livrent à l’exercice de la médiation sont présumée le faire avec un minimum d’ouverture au compromis;
  • Surtout ne pas se censurer par crainte des réactions de l’autre parent. Le propre de la médiation est de trouver des solutions qui respectent les besoins de l’ensemble de chacun. Comment faire si vous n’exprimez pas vos véritables attentes? N’ayez crainte des réactions de l’autre, c’est justement le rôle du médiateur que de tempérer celles-ci et de maintenir un échange ouvert dans un climat respectueux. Si toutefois vous craignez les réactions de l’autre au point d’avoir peur pour vous sécurité ou celle de ceux qui vous entourent, prévenez votre médiateur avant même le début de la médiation. Il évaluera la situation et au besoin, prendra des mesures de sécurité particulières;

Donc, résumons-nous. Pour se préparer à aller en médiation, il est suggéré :

  • De penser à vos enfants : de quoi ont-ils besoin selon vous?
  • De penser à vous : de quoi aurez-vous besoin après la séparation?
  • D’identifier les enjeux les plus importants pour vous ou encore ceux qui, à votre avis, engendreront le plus de résistance de l’autre parent ;
  • De vous demander : « quelle serait ma solution idéale » pour répondre à ces enjeux? Quel est le compromis que je serais prêt à considérer en cas de blocage? ;
  • De chercher à comprendre ce qui vous motive à opter pour cette solution;

Mais plus important sera :

  • De se répéter qu’aller en médiation, c’est accepter d’envisager différentes options avec ouverture et considérer des compromis permettant à chacun d’obtenir satisfaction en comblant ses besoins et ceux des enfants;
  • D’écouter attentivement les arguments de l’autre partie. Souvent, être en conflit nous bouleverse au point d’avoir de la difficulté à nous concentrer sur ce que dit l’autre. Nous entendons, mais sans nécessairement comprendre son point de vue ou les motifs l’amenant à adopter ces positions;
  • De comprendre que la médiation ne résoudra pas les problèmes du passé ni ne soulagera les blessures causées par la rupture. Elle vous aidera à ce que la transition vers votre nouvelle vie se fasse de la façon la plus correcte qu’y soit. Pour le bien de tous.